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· Labsence des ministres pointée du doigt
· Lopposition parlementaire plaide pour plus de respect
LES deux groupes parlementaires de lopposition crient leur ras-le-bol. Et ils ont tenu à le faire savoir en se retirant de la séance de vote des budgets sectoriels relevant du projet de loi de Finances, tenue mardi dernier au Parlement. Le groupe du PJD a été le premier à se retirer, suivi par le groupe constitutionnel démocratique (composé de lUC et PND). Et pour cause, labsence remarquée des ministres concernés par la discussion desdits budgets. Abdellah Baha, président du groupe PJD au sein de la Chambre des représentants, sort de sa convalescence, suite à laccident survenu lors de la Caravane Silat Arrahim, pour crier au scandale. Les parlementaires de lopposition ont agi en légitime défense. Face au constat faisant de lappareil législatif une caisse de résonance du gouvernement, il fallait dire stop et remettre les choses dans leur ordre naturel: la discussion dun projet de loi ou dun budget ne peut se faire sans les parties concernées. Députée PND, Milouda Hazib était présente. La séance devait commencer à 9h du matin. Mais il aura fallu attendre plus de deux heures avant larrivée, suite à nos protestations, de deux à trois ministres. Cela na pas été suffisant et nous navons eu dautre choix que de nous retirer. Pour Mohamed El Abied, secrétaire général de lUC, les parlementaires ont droit à des interlocuteurs autres que des fantômes. Le contrôle du gouvernement, qui est leur rôle, implique la présence des ministres. Derrière cette sortie, un malaise. Il est provoqué par la méthode adoptée dans la discussion et le vote des budgets sectoriels. La discussion de la loi de Finances se passe dans les pires conditions qui soient, affirme Baha. Pour Hazib, le Parlement est devenu une sorte de défilé des ministres. Ces derniers, les uns après les autres, présentent des projets discutés et votés illico presto. Le bon sens exige un délai dune semaine entre la présentation, documents à lappui, dun projet et son vote, le temps pour les groupes parlementaires de le discuter. Cette pression négative explique le fait que certains travaux commencent le matin pour sachever tôt
le lendemain. En plus de la procédure, se pose un problème de fond. Il sagit du rôle réel du Parlement. La mission de contrôle propre au pouvoir législatif a été vidée de toute sa substance, affirme la députée PND. Pour Baha, la priorité est accordée au gouvernement au détriment du législatif. Résultat, le gouvernement agit en appareil à la fois exécutif et législatif. Hazib renchérit en affirmant que lattitude du gouvernement à légard des parlementaires relève du deux poids, deux mesures. Pour elle, la légèreté, avec laquelle lexécutif se comporte avec le Parlement de manière générale, est plus prononcée à légard de lopposition. Et dajouter: Les parlementaires sont considérés comme étant des fonctionnaires avec pour charge de voter favorablement les projets de loi. Pour preuve, le gouvernement a rejeté tous les amendements présentés par lopposition, exception faite de ceux validés par la majorité, sans même quil y ait vote et à travers larticle 51 de la Constitution. Celui-ci stipule que les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence, par rapport à la loi de Finances, soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou laggravation dune charge publique. Baha va plu loin. Même les amendements qui concernent des corrections dordre linguistique sont repoussés, dit-il. Résultat, un sentiment de frustration chez nos parlementaires qui explique en partie le taux élevé dabsentéisme. Les députés sont fatigués de se déplacer, parfois de régions lointaines, pour rien, commente Hazib. Que le gouvernement tout entier fasse le déplacement et lon verra si les parlementaires ne suivront pas, ajoute El Abied. Baha se veut modéré. Les parlementaires assument une part de responsabilité dans la perte de crédibilité et de respect quils accusent. Leur absentéisme y est pour beaucoup. Si les parlementaires veulent être pris au sérieux, il faudra participer et défendre, par le travail, le rôle de leur institution.
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